Les états et les pratiques Méditatives (2ème partie)

L’état d’acceptation et le discernement

Dans la première partie de cette « réflexion », j’avais évoqué « l’état d’acceptation à ce qui est » comme première condition propre au « lâcher prise » qui sous-tend l’état méditatif. Cet état ne doit pas être confondu avec celui d’un « moi » permissif, ou encore « aquoiboniste », régi par une sorte d’indifférence qui se trouve aux antipodes de l’état méditatif souhaité. Il faut bien concevoir l’état méditatif comme un état de conscience lucide, en capacité de discernement dont la présence de l’être conscient n’est pas celle du moi avec son cortège de conditionnements et d’histoires personnelles. Dans l’expérience intérieure, nos résistances, nos démons psychiques relèvent de notre ignorance et de l’incapacité à discerner le parasite égotique de l’être véritable qui sous-tend l’incarnation. Par analogie avec les arbres, nous pouvons écrire l’homonyme d’Etre, « Hêtre » en tant qu’hôte pouvant abriter différents parasites vivants soit en symbiose avec un échange propre à l’épanouissement respectif de chacun, soit comme une sorte de vampire se nourrissant de l’énergie de l’hôte Hêtre. La Connaissance et la Méditation s’inscrivent dans une démarche conjointe afin de distinguer l’hôte du parasite et redonner à l’hôte sa liberté fonctionnelle. Nos égos humains sont malades faute de nettoyage au quotidien. Nous pouvons concevoir l’hôte selon deux modalités : la première suit le point de vue corporalisé de l’Etre, soit notre corps physique, et la deuxième se place sur le niveau spirituel de l’Etre en chacun. Le faux être ou égo empêche notre ouverture à un spectre plus large de conception de vie. L’égo se comporte comme une caisse de « raisonnance » dont le son ou le bruit ne relève « pas toujours » d’un raisonnement intelligent. Il réactive et amplifie ses stigmates plaintifs et/ou obsessionnels afin d’accaparer le champ de conscience qui se trouve alors sous le joug de ce parasite psycho-mental. La « santé mentale » commence par savoir évacuer ce trop-plein non productif dont l’aspect affectif affecté et infecté va devenir croissant au fur et mesure qu’il ne sera pas pris en compte en tant que générateur de désordre et de chaos. La compassion de notre être vis-à-vis de cet « hébergé » ne doit pas être confondue avec une sorte de « laisser-faire » ou complaisance à tout va, d’une permissivité néfaste impropre au maintien de la vitalité. L’état lucide méditatif se rapproche plus de l’état de Peng Jin 掤劲décrit dans les principes du Taiji Quan que d’une mollesse sans forme ni fondement.

Expansion énergétique et expansion de Conscience

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